lundi 15 octobre 2018

Petit Dieter doit voler, Werner Herzog (1998)

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Trajectoires colinéaires et aspirations à l'élévation

Difficile de ne pas être bouleversé par le récit sidérant de Dieter Dengler, déroulé dans Petit Dieter doit voler sans émotion apparente devant la caméra de Werner Herzog, qui limite cette fois-ci la voix off au strict minimum. Cet aviateur américain d'origine allemande, pilote à la Navy pendant la guerre du Vietnam, fut prisonnier dans un camp au Laos pendant six mois avant de s'évader et d'être secouru. Après sa mort en 2001, Herzog reviendra sur cette histoire à travers la fiction en 2006, dans Rescue Dawn, prolongeant ainsi les segments de ce documentaire dans lesquels il fait rejouer à Dengler quelques épisodes de sa condition de prisonnier.

On n'est plus surpris, au terme de sa filmographie contenant déjà à l'époque un joli lot de pépites littéralement extraordinaires (de par leur sujet et de par le fil rouge continu que l'on peut suivre du début à la fin), par la capacité du réalisateur à trouver et raconter des histoires incroyables, et qui à ce titre paraissent presque relever de la fiction. Mais tout de même, quand Dengler raconte sans emphase comment son camarade Duane se fait décapiter à la machette alors qu'ils s'étaient évadés ensemble du camp laotien, il y a de quoi rester abasourdi, l'estomac noué.

Petit Dieter doit voler entre assez naturellement dans la grande famille des films de Herzog aux frontières du réel, dès lors qu'on apprend que nombre des éléments évoqués dans le film sont de pures inventions. Les rêves de Dengler, les tatouages, le tic monomaniaque de fermer et rouvrir les portes ("symbole de liberté quand on a passé six mois emprisonné"), etc. : tout ceci constitue un tissu d'inventions classique dans sa méthodologie cinématographique, un biais fictionnel à l'intérieur de la réalité nous permettant d'accéder au monde intérieur du personnage. De par leurs nombreux points communs (ils sont allemands, enfants de la Seconde Guerre mondiale, ils ont enchaîné les petits boulots pour concrétiser leur rêve adolescent, et partagent une passion pour l'élévation dans les airs), Herzog et Dengler sont deux personnages que l'on a spontanément envie de rapprocher et dont les carrières colinéaires, en partie, intriguent très fortement.

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lundi 08 octobre 2018

Phenomena, de Dario Argento (1985)

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Montagnes russes dans les montagnes suisses Parcourir la filmographie de Dario Argento s'avère beaucoup plus intéressant que prévu, pour le meilleur comme pour le pire, tant l'expérience s'apparente à des montagnes russes en termes de sobriété (parfois) et de jusqu'au-boutisme (souvent), tant sur  […]

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lundi 01 octobre 2018

Amphetamine Ballads, de The Amazing Snakeheads (2014)

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Toute l'énergie noire d'un Punk sale concentrée dans une pépite de Garage écossais, tranchante comme une lame de rasoir. Des riffs empreints d'un Blues crade qui s'éternisent, lancinants, torturés, rejoints par des cuivres dans la seconde moitié de l'album. Une décharge de rage primitive, en prise  […]

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vendredi 28 septembre 2018

Le Temps des forêts , de François-Xavier Drouet (2018)

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Essai binaire sur la gestion des forêts On questionne très souvent la qualité des cultures liées à l'agro-alimentaire, en termes de productivité, d'intrants phytosanitaires, de biodiversité, de préservation des sols ou encore de gestion durable via l'agroforesterie, mais la question qualitative se  […]

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mercredi 26 septembre 2018

Chien enragé, d'Akira Kurosawa (1949)

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Portraits en miroir dans les bas-fonds Chien enragé peut très facilement se voir comme une œuvre à la croisée du film noir américain et du néoréalisme italien, et ce surtout à travers sa première partie qui voit l'inspecteur Murakami (Toshirō Mifune, sans sa barbe mais coiffé d'un béret et toujours  […]

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lundi 24 septembre 2018

Crépuscule de gloire, de Josef von Sternberg (1928)

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Cosmopolitisme des tournages hollywoodiens Crépuscule de gloire (titre original : The Last Command) est un film américain réalisé par un Austro-Hongrois immigré sur la révolution russe, mise en abyme à travers un tournage hollywoodien. Un brassage international qui n'est pas sans effet sur le  […]

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vendredi 21 septembre 2018

Manille : Dans les Griffes des Ténèbres, de Lino Brocka (1975)

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Des réminiscences, des promesses, et la mort Manille : Dans les Griffes des Ténèbres et Insiang, deux films très complémentaires sortis à un an d'intervalle, forment un portrait singulier de la capitale philippine en deux temps. Dans le premier volet de ce diptyque, Lino Brocka laissait de côté les  […]

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mercredi 19 septembre 2018

Orochi, de Buntarō Futagawa (1925)

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Cinéma muet, cinéma parlant L'histoire des benshi au Japon mériterait un ample développement, alors que j'en découvre l'existence, l'importance et les fonctions à travers ce chanbara, l'un des premiers du genre, pourvu de certaines caractéristiques très originales. À l'époque du cinéma muet, les  […]

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mardi 18 septembre 2018

Les Fiancées en folie, de Buster Keaton (1925)

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Dynamique des foules en délire Le dernier quart d'heure de Fiancées en folie (Seven Chances en V.O.) concentre une folie tellement démesurée qu'il légitime à lui seul, aisément, le visionnage du film dans son ensemble. On pourrait même être tenté de voir un geste volontaire dans cette platitude  […]

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lundi 17 septembre 2018

Level Five, de Chris Marker (1997)

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Optional World Link Clairement un long métrage de fiction plutôt que documentaire (bien que présenté comme tel), Level Five demande un certain temps d'adaptation avant de pouvoir accéder sereinement à son contenu. Le temps est assez ingrat avec certaines thématiques et certains effets visuels, et  […]

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