lundi 21 août 2017

Montesquiou on the Rock's — On remet ça

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Ah, le Gers. Son festival Jazz in Marciac, ses routes nationales vallonnées, ses paysages bucoliques, ses parcelles agroforestières, sa gastronomie gasconne à base de canard et de porc noir de Bigorre, ses grippes aviaires, son madiran, son pousse-rapière, sa vue imprenable sur la chaîne des Pyrénées du Pays basque jusqu'en Ariège... et son festival de Garage annuel à Montesquiou bien sûr. Cette onzième édition aura été beaucoup plus modeste et tranquille que la précédente qui avait vu de très grands groupes comme les Monsters ou les Magnetix sillonner ses ruelles, remplir ses grandes tablées et écluser ses bières locales. Mais bon, on n'a pas tous les jours 10 ans.

Cette année, le festival a plus que d'habitude mis l'accent sur des genres différents du Garage pur jus, avec tout de même 3 groupes (sur 6) clairement orientés Glam ou Surf. N'étant pas particulièrement amateur, je ne m'épancherai pas davantage sur ces groupes au-delà de ces quelques remarques : je n'ai jamais vraiment accroché à Giuda, le côté très lisse et aseptisé de leurs derniers albums m'ayant particulièrement agacé, et le délire des Zelators autour d'une sorte de Glam 80s revival m'indiffère au plus haut point. Un peu comme Capsula l'année dernière en réalité.

Mais il y avait beaucoup de belles choses à côté de ça, à commencer par le ciné club ambulant des Projectivers qui a lancé les hostilités samedi. Une petite heure de projections rétro en tous genres et en Super 8 : de bien obscurs dessins-animés, des muets vieux de cent ans, et toute une série de clips musicaux des années 50 et 60 vraiment délirants, anglais et français, mettant en scène des pin-ups d'ici et d'ailleurs, des personnalités plus ou moins connues, mais aussi des coiffures improbables, des maillots de bain à froufrous, des costumes en cuir étonnants, et surtout, surtout, des déhanchés twist de l'espace. De vieux enregistrements de Vince Taylor, par exemple : Peppermint Twist. Ou encore cette petite fête au bord d'une piscine, dans le clip de Stacy Adams and the Rockabily Boys : Pussycat A Go Go. Et la perle de Sylvie Vartan, dans une reprise à la française du morceau What'd I Say de Ray Charles : Est-ce que tu le sais (avec en guest star, danseur en arrière-plan, un certain Johnny Hallyday). Et puis aussi Françoise Hardy avec Tous les garçons et les filles, Antoine et ses élucubrations, etc. Sacrée plongée dans l'époque du Scopitone...

Ce sont les parisiens de Chrome Reverse qui ont ouvert le bal (pour sa partie musicale), avec une ambiance rock'n'roll 60s très soignée et agrémentée ici ou là de passages surf plutôt bienvenus. Pour se faire une idée : They wanna fight. La guitariste-chanteuse Lili Zeller, avec ses faux airs de Poison Ivy (Kristy Marlana Wallace, guitariste des Cramps) et son chant éraillé, a assuré une bonne partie du show aux côtés d'un guitariste dont les grimaces hallucinantes (et volontaires) me hantent encore. Les petits problèmes de son (une enceinte défaillante) n'ont clairement pas entaché le spectacle. Les douze coups de minuit ont sonné l'arrivée de la (ma ?) tête d'affiche : le trio suisse des Jackets et leur garage énergique. Jackie Brutsche était en forme ce soir, elle sait très bien jouer de son personnage, avec ses lunettes de soleil cachant le temps de quelques morceaux son maquillage si caractéristique. Plus je les écoute et plus je suis convaincu de leur potentiel en live : c'est le genre de groupe parfait pour ce festival. Leur tube : Wasting my time.

La deuxième soirée a commencé par les sonorités gothico-psychédéliques d'un duo de frérots grenoblois, Moonrite. Une batterie et un orgue (avec un des deux claviers pour la basse, dans le style Manzareck, première comparaison venant à l'esprit) : c'est tout. La pochette de leur album (à mon sens très inégal) ne m'avait pas particulièrement inspiré, pas plus que leurs univers gothique à base de vêtements noirs et de gros médaillons, mais force est de constater que sur certains morceaux, ils parviennent à créer une atmosphère très originale, issue de plusieurs courants, au groove entraînant. Les passages que l'on pourrait qualifier de "dark pop" me plaisent par contre beaucoup moins. Deux morceaux caractéristiques de leur style : Time is fast running out et Let's start a fire. Et enfin, si l'on devait remettre la palme du groupe le plus enflammé et le plus enflammant, ce serait sans hésiter les Fuzillis qui la recevraient avec leur Surf Rock festif mitonné quelque part au Royaume-Uni. Leur show a beau sembler parfaitement millimétré, sans grande inventivité ou nouveauté d'un lieu à l'autre, d'un pays à l'autre, ils savent y faire. Entraînés par Monsieur Fuzilli (Frankie Sr de son prénom), leur répertoire compte beaucoup de morceaux instrumentaux (le chant n'est pas leur spécialité) de ce style : Fish Gumbo. À traverser la foule dans tous les sens et à la faire monter sur scène, quitte à ce qu'il y ait presque plus de monde dessus que devant (j'exagère un peu), l'implication du public est maximum.

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Tout ça pour dire que c'était sympa dans l'ensemble, cette année encore, le festival de Montesquiou. Les contacts sont faciles et naturels, l'ambiance est toujours la même, chaleureuse, conviviale, en comité restreint, comme une grande famille réunie au cœur d'un tout petit village perdu au milieu de la campagne gersoise. À l'année prochaine, en espérant que la proportion de Garage âpre et rugueux soit un peu plus importante !

mercredi 16 août 2017

Les Émigrants, de Jan Troell (1971)

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Une histoire de déracinement Regarder Les Émigrants après Pelle le conquérant, sur le thème de l'émigration, c'est un peu comme regarder Blue Collar après Selma, sur celui de la ségrégation : les sujets ont beau avoir une zone de recouvrement non-négligeable, le traitement et le recul qu'ils  […]

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mardi 15 août 2017

Balade autour (et au sommet) du Pic du Balaïtous

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Le Pic du Balaïtous, du haut de ses 3144 mètres d'altitude, est le plus haut sommet sur la portion de la chaîne des Pyrénées qui le sépare de l'Océan Atlantique. Près de lui, également situé à la frontière franco-espagnole à 15 kilomètres au Sud-Est, le Vignemale (3298 m) est quant à lui le point  […]

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jeudi 10 août 2017

South, de Frank Hurley (1919)

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L'odyssée des pôles et la beauté des échecs South, à travers l'objectif de l'aventurier et photographe australien Frank Hurley, raconte l'expédition britannique Endurance qui emmena 30 hommes et 70 chiens depuis la Géorgie du Sud et les Îles Sandwich du Sud en direction du Pôle Sud, à la veille de  […]

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jeudi 03 août 2017

Born Bad, Volume 4 (1989)

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Beaucoup moins Garage, et un peu plus de morceaux instrumentaux que les trois volumes précédents... Un cran en-dessous, clairement. Richard Berry - Louie Louie https://www.youtube.com/watch?v=z-2CKsaq5r8 Nat Couty - Woodpecker Rock https://www.youtube.com/watch?v=0-vaos88ICs Shorty Long - Devil With  […]

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mercredi 02 août 2017

Divorce à l'italienne, de Pietro Germi (1961)

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Ode au divorce Divorce à l'italienne est un pur plaisir, concentré en 1h45, à mon sens articulé selon trois axes principaux. Le talent constant avec lequel ils sont respectivement traités explique sans doute l'étendue de la réussite : - La comédie à l'italienne (dont le présent film est à n'en pas  […]

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lundi 31 juillet 2017

Born Bad, Volume 3 (1986)

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Troisième fournée de Rockab et Garage. Pas mal de Surf aussi, du plus classique (The Trashmen) au plus étrange (The Frantics). Jack Scott - The Way I Walk https://www.youtube.com/watch?v=OaoRmc2B4Tk The Frantics - Werewolf https://www.youtube.com/watch?v=axOrB2zuyPs Herbie Duncan - Hot Lips Baby  […]

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Les Contes de la lune vague après la pluie, de Kenji Mizoguchi (1953)

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L'art et l'oubli Après l'heureuse découverte des Contes des chrysanthèmes tardifs et la redécouverte de Mizoguchi ainsi amorcée, il apparaît encore plus clairement que des films comme Cinq Femmes autour d'Utamaro ou encore Les Sœurs de Gion ne soient pas les meilleurs points d'entrée dans son  […]

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jeudi 27 juillet 2017

Born Bad, Volume 2 (1986)

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Et la pluie de pépites Garage et Rockabilly continue... C'est l'extase. Aujourd'hui, le volume 2 (sur 8) de la compilation Born Bad. Ma playlist : Little Willie John - Fever https://www.youtube.com/watch?v=y27vBA68Zyk (et la version des Cramps : https://www.youtube.com/watch?v=WQ0FJmh8hxM) Charlie  […]

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mardi 25 juillet 2017

Le Trésor de la Sierra Madre, de John Huston (1948)

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Reflets d'or balayés par le vent Le film de John Huston, avec un titre aussi évocateur et une renommée presque pesante, avec le temps qui passe et qui laisse infuser ces sensations dans la partie cinéphile de l'inconscient, conduit de manière presque obligatoire à construire des attentes sous  […]

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