jeudi 25 février 2021

Le Fils de famille, de Kon Ichikawa (1960)

fils_de_famille.jpg, janv. 2021
Un fils

Le fils de famille développe son récit familial sur une durée diégétique conséquente (avec flashback), centrée sur la première moitié du XXe siècle, avec une tonalité très étonnante, à cheval sur plusieurs genres entre drame, comédie, histoire et étude de mœurs. Kon Ichikawa s'intéresse à la vie d'un homme soumis à la tyrannie d'un matriarcat à peine caché, sous le joug de sa mère et de sa grand-mère qui règnent à la fois sur l'entreprise familiale de commerce de chaussettes traditionnelles (les tabis) et sur la descendance directe de la famille, en imposant de manière très rigide le choix de la bonne épouse à leur fils et petit-fils. Le but étant de contrôler le couple, de faire en sorte qu'ils aient une fille et ainsi perpétuer la domination féminine. Le protagoniste, Kikuji, ne parviendra à voler de ses propres ailes que très tard, à 60 ans, époque de l'introduction et de la conclusion du film.

C'est donc une thématique assez originale, annoncé par le titre original "Bonchi" qui désigne un fils aîné incapable, un héritier passif. Les personnages féminins sont pour certaines dans une situation à laquelle elles échappent en général, dans le cinéma japonais traditionnel, puisqu'elles gèrent de manière très active un héritier à la famille en imposant mariage et procréation au jeune homme. La reproduction d'un schéma tragique, avec un jeu d'inversion des valeurs traditionnelles très intéressant.

Pas vraiment de temps fort ni de temps mort, le film évolue sur une base assez constante, si l'on excepte la mort d'une femme et un bombardement allié durant la Seconde Guerre mondiale — l’occasion de voir tous les personnages réunis, après l'incendie de la maison et des usines, dans le seul entrepôt toujours debout : toutes les femmes, mère, grand-mère, et maîtresses, se regroupent autour de l'homme et sont bien obligées de faire connaissance, entre embarras et "mieux vaut tard que jamais". Un personnage masculin essentiellement passif, que ce soit devant le charme de ses amantes ou l'autorité de sa famille (très bon Raizo Ichikawa à ce titre). Du côté des prétendantes, on remarque comme toujours la présence de Ayako Wakao.

Un récit plutôt complexe à appréhender, au sein duquel un entrelacement de contraintes gouverne les comportements sans qu'il ne soit explicité. Mais le renversement des valeurs, avec le retournement des codes classiques en matière de relation entre hommes et femmes, reste franchement appréciable.

repas.jpg, janv. 2021

mardi 23 février 2021

Gunda, de Viktor Kossakovsky (2020)

gunda.jpg, fév. 2021

Grouinements, meuglements et gloussements (au sens propre) Une truie et ses porcelets. Des poules. Des vaches. C'est un résumé exhaustif des 90 minutes de Gunda, un documentaire norvégien tourné en noir et blanc exclusivement consacré à ces animaux, sans dialogue, sans musique, sans présence  […]

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lundi 22 février 2021

Atlantis, de Valentyn Vasyanovych (2020)

atlntis.jpg, janv. 2021

Post-apo militaire dans le Donbass Film de guerre, film de science-fiction à la lisière du post-apocalyptique, film s'inscrivant dans la continuité du conflit armé actuellement en cours dans le Donbass à l'Est de l'Ukraine, mais aussi, pour être tout à fait honnête, film d'auteur au sens un peu  […]

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dimanche 21 février 2021

Ága, de Milko Lazarov (2018)

aga.jpg, fév. 2021

Hommage en demi-teinte à Nanouk Les films (documentaires ou de fiction) qui explorent cette région du globe, l'extrême Nord-Est sibérien tout près du cercle polaire arctique, ne sont pas légion. Kolyma: Road of Bones sorti récemment s'intéressait à une route plus au Sud, marquée par le passé des  […]

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jeudi 18 février 2021

Uranus, de Claude Berri (1990)

uranus.jpg, janv. 2021

"J'AI SOIF !" (Depardieu, les yeux exorbités) Étonnant pavé dans la marre de la part d'un Claude Berri que je n'ai jamais connu aussi peu poli et aussi peu empathique. Phénomène subjectif assez marquant dans mon visionnage : Uranus fait partie des rares films dont la dimension très  […]

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lundi 15 février 2021

Les Adolescentes, de Alberto Lattuada (1960)

adolescentes.jpg, janv. 2021

17 ans Une journée dans la vie d'une adolescente des classes aisées en passe d'avoir son premier rapport sexuel : tel pourrait être le résumé de Les Adolescentes — un titre français un peu hors sentier, qui ne reflète pas du tout la tonalité du titre italien (I Dolci inganni) se traduisant par les  […]

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vendredi 12 février 2021

That Total Age, de Nitzer Ebb (1987)

that_total_age.jpg, fév. 2021

Après le délire EBM germanophone de Deutsch Amerikanische Freundschaft, voici venu le tour des britanniques Nitzer Ebb. EBM jusqu'à la moelle, la définition du genre à l'état pur semble-t-il. Tout est dans le rythme basique, monotone et effréné, avec des mélodies typiques de la musique  […]

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Battement de cœur, de Henri Decoin (1940)

battement_de_coeur.jpg, janv. 2021

"Ben non !" Dans cette comédie signée Henri Decoin avec Danielle Darrieux (sa femme à l'époque), il y a autant de cette France juste avant la Seconde Guerre mondiale, en quête de légèreté, que d'Amérique à travers les caractéristiques de la comédie nationale on ne peut plus classiques,  […]

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mercredi 10 février 2021

Madre, de Rodrigo Sorogoyen (2019)

madre.jpg, janv. 2021

Courtes focales en plans-séquences Beaucoup de partis pris de mise en scène développés par Rodrigo Sorogoyen peuvent paraître excessifs, surtout au terme d'un voyage de deux heures ancré sur la côte atlantique des Landes qui revendique aussi frontalement son systématisme technique — et dont courte  […]

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lundi 08 février 2021

Le Cas du docteur Laurent, de Jean-Paul Le Chanois (1957)

cas_du_docteur_laurent.jpg, janv. 2021

Gabin médecin adepte de la méthode psychoprophylactique Une bizarrerie assez incroyable, qui se déroule dans le magnifique décor des Alpes du Sud-Est, non-loin de Saint-Martin-Vésubie, lové au creux des montagnes de la vallée des merveilles : on voit Jean Gabin, médecin parisien de son métier, y  […]

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