vendredi 15 novembre 2019

Tu as Perdu Ton Chemin, de Mama Rosin (2008)

Tu_as_perdu_ton_chemin.jpg, nov. 2019

Je n'aurais jamais cru adhérer autant à un style musical dont j'ignorais jusqu'alors l'existence et emmené qui plus est par un accordéon. Mais quel accordéon ! Un mélodéon, d'ailleurs. Extrêmement engageant grâce à une rythmique solide de Rhythm and Blues, infusant avec vigueur une pulsation assez folle, charpente du registre de la musique cajun et du Zydeco (la variante créole), caractéristiques de la Louisiane et d'une certaine culture Folk. Voodoo Rhythm ne s'y est pas trompé, cet album de Mama Rosin est extrêmement convaincant, notamment dans sa première moitié très énergique qui laisse place à une deuxième partie plus tournée vers la ballade. Un banjo vient régulièrement remplacer la guitare, et des rythmes incroyablement bluesy enrichissent la diversité musicale de l'album. L'accent est franchement méconnaissable : ce sont tout de même des Suisses qui chantent en français avec un style louisianais et un accent canadien... Le cocktail polyphonique qui en résulte est assez déroutant au début, mais étrangement on s'y fait très vite. Du Rock'n'Roll qui pétarade sur 'Ti Moreau au Blues groovy de Pine Grove Blues en passant par un duel guitare / accordéon sur Rita's Breakdown, l'implication de ce trio primitif est excellente. Ils étaient de passage au Binic Folks Blues Festival de 2012 : il y a des choses qui ne trompent pas.

D'autres albums viendront compléter le tableau, avec une pochette-hommage au Velvet Underground sur Brûle lentement, toujours traversés par la culture vaudou et l'ambiance du bayou. L'énergie qui transpire est sans doute liée à la spontanéité du groupe qui répète très peu, avant les concerts ou les enregistrements, d'après leurs dires. En 2011, ils assurent toutes les premières parties de la tournée européenne du Jon Spencer Blues Explosion, suite à quoi Jon Spencer himself les a invités à venir enregistrer un album à New York.  Leur dernier album en date était né : Bye Bye Bayou, référence à Alan Vega, aux influences Rock bien plus affirmées, et avec une pointe de Garage assez notable dans les arrangements. Moins brut de décoffrage que Tu as Perdu Ton Chemin, mais paradoxalement plus crado dans la production.

Plus de nouvelles depuis, si ce n'est Cyril Yeterian (mélodéon et chant) qui a formé avec un autre Cyril le groupe Cyril Cyril pour produire en 2018 un album dans un registre encore différent, Certaine Ruines.

Extrait de l'album : 'Ti Moreau.

Et encore d'autres : Pine Grove Blues et Rita's Breakdown.

mama_rosin.jpg, nov. 2019
mama_rosin_live.jpg, nov. 2019

Le Temps des Gitans, de Emir Kusturica (1988)

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Pot-pourri balkanique L'univers cinématographique de Kusturica a toujours été un joyeux bordel, toutes périodes et toutes nationalités confondues, mais Le Temps des Gitans laisse s'exprimer avec une vigueur assez incroyable le fracas des émotions contradictoires et des références tourbillonnantes.  […]

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samedi 09 novembre 2019

Pain et Chocolat, de Franco Brusati (1974)

pain_et_chocolat_A.jpg, nov. 2019

Le mirage des petits boulots suisses L'émigration italienne n'est pas un sujet cinématographique particulièrement répandu et le visionnage de Pain et chocolat est à ce titre une expérience vraiment étrange, prenant pour cadre le déracinement d'un travailleur italien en Suisse. L'occasion pour moi  […]

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jeudi 07 novembre 2019

La Belle Nivernaise, de Jean Epstein (1924)

belle_nivernaise.jpg, nov. 2019

Au fil de l'eau Jean Epstein à ses débuts, 26 ans à peine, explorait un cinéma beaucoup plus pragmatique et naturaliste dans La Belle Nivernaise (1924) que dans ses œuvres de la fin des années 20 (La Chute de la maison Usher, Finis Terrae), empreintes d'expérimentations formelles et de pulsions  […]

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dimanche 03 novembre 2019

Les Petites Fugues, de Yves Yersin (1979)

petites_fugues.jpg, nov. 2019

"Y'a qu'des cailloux !" Une exploitation agricole familiale, avec ses champs de céréales, ses vergers, ses granges et ses habitations. Du fumier, des bottes de foin, des mobylettes appelées "vélos", des tracteurs. Des petits-déjeuners très matinaux pris sur la toile cirée, des  […]

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mardi 29 octobre 2019

The White Dawn, de Philip Kaufman (1974)

white_dawn.jpg, oct. 2019

White Light / White Heat Nanouk l'Esquimau, le film de Robert Flaherty tourné en 1922 dans la baie d'Hudson au-delà du cercle polaire, est devenu au fil du temps un jalon essentiel du cinéma documentaire principalement pour deux raisons. Tout d'abord, il réalisait l'exploit de ramener des images  […]

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vendredi 25 octobre 2019

L'Homme invisible, de James Whale (1933)

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"Put a warm rug in the car. It's cold outside when you have to go about naked." Bien que L'Homme invisible soit loin d'être une œuvre parfaite, précise ou révolutionnaire, il est très difficile de réfréner l'immense sympathie qui émane de ce jalon du cinéma fantastique, un genre alors à  […]

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vendredi 18 octobre 2019

La Liberté, de Guillaume Massart (2019)

liberte.jpg, oct. 2019

Liberté de parler Le documentaire de Guillaume Massart sur un centre de détention très particulier compte de nombreuses maladresses et fourmille de partis pris qui invitent à la circonspection. Casabianda est une prison corse défiant largement les définitions et les idées que l'on peut nourrir au  […]

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dimanche 13 octobre 2019

Ciel sans étoile, de Helmut Käutner (1955)

ciel_sans_étoile.jpg, oct. 2019

Käutner et l'abstraction Ciel sans étoile (très beau titre au passage) donne l'impression qu'une partie du cinéma allemand d'après-guerre avait plus de recul sur la période éprouvante dont le pays venait tout juste de se défaire qu'une grande partie des productions qui ont fleuri durant les 2 ou 3  […]

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samedi 12 octobre 2019

With the Lord for Cowards You Will Find No Place, de catl. (2010)

With_the_Lord_for_Cowards_You_Will_Find_No_Place.jpg, oct. 2019

Du son produit par ce duo canadien de Toronto, quelque chose se dégage instantanément. Ce côté légèrement primitif, cet accent mis sur la rythmique coûte que coûte, ce son de guitare distordu avec un bottleneck : tous ces ingrédients rendent le délire tout à fait communicatif. La recette est  […]

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