dimanche 19 janvier 2020

In Search of Darkness, de David A. Weiner (2019)

search_of_darkness.jpg, janv. 2020
"What can we make?"

In Search of Darkness est un voyage de 4h30 à la (re)découverte de la décennie des 80s, à travers le prisme de ses films d'horreur. Un documentaire qui regorge de plaisir et de pépites, un film-fleuve qui transpire l'amour pour le gore et pour les excès en tous genres. Année après année, de manière un peu scolaire mais sans que cela n'entame l'enthousiasme général, on parcourt ces dix années en compagnie d'une jolie troupe constituée d'auteurs, acteurs, réalisateurs, maquilleurs et autres bricoleurs qui racontent leur vision enchantée (et régulièrement nostalgique) de ce moment particulier de l'histoire du cinéma américain. En reliant les interviews de pontes comme John Carpenter, Larry Cohen, Joe Dante, Stuart Gordon ou Tom Holland avec celles de personnalités moins renommées mais souvent tout autant éclairantes, ce projet initialement financé sur Kickstarter prend une ampleur phénoménale. Gargantuesque. Évidemment, 270 minutes ne garantissent pas l'exhaustivité, mais à aucun moment le docu ne donne l'impression de prétendre égrainer la totalité de la production horrifique, que ce soit du côté des sentiers très balisés (du type The Thing) ou du côté des territoires en friches (avec une multitude de pépites comme Les Clowns tueurs venus d'ailleurs et autres TerrorVision). Du sérieux à l'absurde, du fantastique sec et sobre à l'horreur visqueuse et dégoulinante, avec certes un net penchant pour cette dernière, l'horizon des registres balayés est d'une effarante diversité.

Si la tonalité est souvent marquée par la nostalgie des intervenants, In Search of Darkness renvoie aussi une vision d'ensemble très intéressante de cette décennie, en termes de modèle économique et de système de pensée, durant l'époque qui a connu l'explosion du support VHS (voir par exemple le documentaire récent et très sympa Révolution VHS de Dimitri Kourtchine). Que ce soit du côté de la production ou de la consommation des films, quand bien même une partie des témoignages puisse relever du souvenir altéré voire fantasmé, il en résulte une très forte constante : le délire. Dans la composition des effets spéciaux in situ tous plus inventifs, artisanaux et dégueulasses les uns que les autres, dans la façon de mettre la main sur la pépite du vidéo club pendant que les parents étaient absents, c'est ce sentiment de plaisirs partagés qui prédomine à tous les niveaux. On voit bien comment le mode de production des films (de genre, en l'occurrence) a changé depuis. Tout n'était pas parfait, et le film aborde quelques points noirs comme le gimmick purement commercial de la 3D balbutiante et le tiroir sans fin des suites pour faire fructifier les bons filons, mais c'est bien cet enthousiasme débordant et communicatif à la Tavernier ou Thoret (bien que souvent très subjectif et trompeur en matière d'horreur) qui reste. Même si ce n'est sans doute pas aussi unilatéral que ce qu'annonce un auteur, "the great thing about genre directors in the '80s is that they were thinking -what can we make?- and not -what can we remake?-. We're in a degenerate era today where all they think about is what can we remake", cette créativité sans borne (que ce soit dans les thématiques ou dans le mauvais goût) peut difficilement être remise en cause. Même si la notion de franchise existait déjà très clairement, comme en témoignent les innombrables Halloween, Freddy, et autres Vendredi 13 — dont les suites perdurent pour certaines encore aujourd'hui.

Quelques séquences thématiques viennent agréablement rompre la monotonie de la progression linéaire année après année (qui présente tout de même une soixantaine de films), avec des sujets comme la musique, les protagonistes féminins ou issus d'une minorité, le design des posters, ou le maquillage. Et même si In Search of Darkness s'attarde un peu trop sur certaines choses (des classiques avec leurs suites interminables), l'image qu'il renvoie de cette partie des 80s, avec cette idée de revenir aux sources d'un univers et de voir des pionniers à l'œuvre en train de repousser les limites d'un genre, n'en demeure pas moins extrêmement roborative.

search_of_darkness (2).jpg, janv. 2020

lundi 13 janvier 2020

Débris de l’empire, de Friedrich Ermler (1929)

debris_de_l-empire.jpg, janv. 2020

Par-delà l'amnésie, la reconstruction dans la douleur et le chaos Il faudra attendre la toute fin de Débris de l'empire, lorsque le soldat Filimonov aura totalement achevé son long voyage à la recherche de sa mémoire, pour trouver la signification explicitée de la phrase-titre — formulée de manière  […]

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jeudi 09 janvier 2020

Gardiens de phare, de Jean Grémillon (1929)

gardiens_de_phare.jpg, janv. 2020

Amertume bigoudène Un bout de pellicule retrouvé 25 ans après sa sortie quelque part au Danemark, et voilà ressuscité le film de Grémillon. L'état est proche de la catastrophe tant la qualité s'apparente plus au daguerréotype poussiéreux qu'autre chose, mais assez bizarrement ce grain très épais et  […]

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mardi 07 janvier 2020

L'Expédition du Kon-Tiki, de Thor Heyerdahl (1948)

expedition_du_kon-tiki.jpg, janv. 2020

Cent jours sur un radeau pour traverser le Pacifique Le récit de l'expédition du Kon-Tiki écrit par Thor Heyerdahl en 1948, d'après les notes de son journal de bord, est un excellent complément au pendant cinématographique (lire le billet) qui sortit 2 ans plus tard, sous le même nom. Les images de  […]

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vendredi 03 janvier 2020

Les lacs des Camporells (sous la neige)

trace_v2.png, janv. 2020

Petite balade en raquettes d'environ 20 kilomètres aller / retour sur deux jours, pour 1000 mètres de dénivelé cumulé positif (+800 et -200 le premier jour, +200 et -800 le deuxième), à la frontière entre les Pyrénées orientales et l'Ariège. Situés presque à mi-chemin entre le Capcir et la vallée  […]

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jeudi 02 janvier 2020

L'Argent des autres, de Christian de Chalonge (1978)

argent_des_autres.jpg, janv. 2020

Kerviel avant l’heure Dans le registre des films politiques qui dévoilent progressivement l'étendue d'un complot ou d'une machination, L'Argent des autres trouve une place de choix. Pourtant, rien de fondamental si l'on se base sur le contenu, sur le papier : c'est l'histoire d'un employé haut  […]

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Les Naufragés de l'île de la Tortue, de Jacques Rozier (1976)

naufrages_de_l-ile_de_la_tortue.jpg, janv. 2020

"Robinson démerde-toi, 3000 francs rien compris" Première incursion du côté de Jacques Rozier... et quel voyage ! Quel bordel, surtout. Aucun autre film, à ma connaissance, n'accompagne Pierre Richard dans un tel délire devant et derrière la caméra. Il est presque méconnaissable dans le  […]

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jeudi 26 décembre 2019

Le Piège du diable, de František Vláčil (1962)

piege_du_diable.jpg, déc. 2019

La croyance contre l'expérience Le cinéma tchécoslovaque des années 60 semble riche en œuvres explorant un segment particulier de l'histoire, entre le 16ème et le 17ème siècle, situé à la fin du Moyen Âge et aux prémices de l'ère moderne. Jiří Weiss arborera le ton du conte dans La Fougère dorée  […]

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mercredi 25 décembre 2019

Le Chien jaune de Mongolie, de Byambasuren Davaa (2005)

chien_jaune_de_mongolie.jpg, déc. 2019

Légendes des steppes mongoles Le Chien jaune de Mongolie, ou l'histoire d'une famille de bergers mongols dont les 5 membres seront les uniques personnages — si l’on excepte ovidés, bovidés, et canidés. En situant très nettement à mi-chemin entre le fictionnel et le documentaire, cette sorte  […]

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vendredi 13 décembre 2019

Cutterhead, de Rasmus Kloster Bro (2019)

cutterhead.jpg, déc. 2019

Asphyxie sous l'Europe Rie est une journaliste danoise envoyée sur le chantier du métro de Copenhague, pour faire le portrait des hommes qui travaillent au niveau d'une tête de forage — le "cutterhead" du titre, à l'origine d'une très belle image en introduction, imposante, presque  […]

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