vendredi 19 avril 2019

La Tour des monstres, de Larry Yust (1974)

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Résistance du vieux

La mise en scène, la thématique principale et l'esthétique générale de cette série B, portée sur une branche un peu spéciale de la gériatrie, font penser soit aux années 80, soit aux années 60, et pourtant c'est au milieu des années 70 qu'est sortie cette bizarrerie comico-horrifique dans laquelle un petit groupe de vieux refuse d'être expulsé de son immeuble et emploiera tous les moyens nécessaires pour parvenir à ses fins. Des premières tentatives pour décourager les différents acteurs de la construction d'un nouveau quartier résidentiel, les moyens mis en œuvre par le club de retraités évolueront assez rapidement vers l'élimination pure et simple des obstacles, ouvrier, commerciale, et chef de travaux y compris.

Tour à tour sinistre, triste, nihiliste, drôle et violent, Homebodies (jeu de mots sur le thème de l'identité des vieux, définis uniquement par leur lieu de résidence, et qui ne représentent que de vagues "somebodies" aux yeux de la société) aborde le thème de la dignité sans cesse rognée de la vieillesse à travers de multiples prismes narratifs. Même s'il a vraisemblablement été réalisé dans des conditions économiques assez restrictives, il conserve une part importante d'étrangeté et de curiosité. Toujours sur une ligne de crête, à rendre compte autant de la démence que du désespoir qui anime la troupe brinquebalante de vieillards acariâtres . On sent bien qu'il y a là-dedans un message adressé au spectateur, sur le sort qu'on réserve aux retraités : en gros, l'abandon et l'oubli.

Mais de manière assez drôle, le film joue précisément du caractère inoffensif de ces vieux corps pour en faire des assassins fourbes, subtils, et insoupçonnables. C'est du grand n'importe quoi, autant le dire clairement, et ce registre de la comédie loufoque ne peut évidemment pas plaire à tout le monde. Les vieux tuent les jeunes, certes, mais ils perdent aussi la boule et finissent par s'entre-tuer, aussi, en partie. Honnêtement on y croit à ces vieux agités du bocal, au caractère vicieux des uns (poignard, ciment, coup d'urne funéraire sur la tête, noyade organisée...) et à l'angoisse des autres. Un film vraiment bizarre dans son ambiance très incertaine, une vraie curiosité qui n'y va pas par quatre chemins dans ses sursauts de violence pouvant largement déconcerter.

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jeudi 18 avril 2019

Un Instant d'innocence, de Mohssen Makhmalbaf (1997)

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Réminiscences Un Instant d'innocence, de l'autre côté du miroir après Close-Up, comme l'autre face d'une même pièce, forme un diptyque iranien intriguant avec le film d'Abbas Kiarostami réalisé 7 ans plus tôt. Dans ce dernier, Mohsen Makhmalbaf était le réalisateur (bien qu'acteur du film) dont  […]

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lundi 15 avril 2019

La Justice des hommes, de George Stevens (1942)

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"The law is a gun pointed at somebody's head. All depends upon which end of the gun you stand, whether the law is just or not." La Justice des hommes (The Talk of the Town) est un drôle de film : là où on pourrait attendre un traitement "sérieux", par exemple dans le cadre d'un  […]

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vendredi 12 avril 2019

Liebelei, de Max Ophüls (1933)

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La narration par la mise en scène, du hors-champ au travelling Dernier film de la période allemande d'Ophüls, premier de cette période que je vois. Habitué à ses films français arborant un formalisme jusqu'au-boutiste, on peut apercevoir en germes (et même davantage que ça) des éléments formels  […]

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jeudi 11 avril 2019

Introduction, de Witch (1974)

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Je ne m'étais jamais attendu à tomber sur un album de Rock vaguement Garage aux sonorités assez funky en provenance de... Zambie. Cet album vaut en partie le détour à titre de curiosité, pour entendre ce que la culture zambienne a su produire à partir d'influences occidentales un peu psyché. Je ne  […]

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mardi 09 avril 2019

90's, de Jonah Hill (2018)

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Boys in the hood Mid90s confirme, non sans un certain plaisir, qu'on peut raconter un peu toujours les mêmes histoires, sans faire preuve d'une grande originalité dans le fond, sans que le résultat ne soit barbant ou pénible, grâce à un mode d'expression particulier. On aurait tendance à l'oublier  […]

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jeudi 04 avril 2019

Note sur la suppression générale des partis politiques, de Simone Weil (1940)

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Simone Weil (1909 - 1943) : philosophe humaniste française.Simone Veil (1927 - 2017) : magistrate et femme d'État française La confusion assez naturelle qui découle de cette homonymie a quelque chose de relativement cocasse, dans le sens où la carrière de la seconde correspond à ce que la première  […]

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mercredi 03 avril 2019

La Femme sur la Lune, de Fritz Lang (1929)

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Les ressorts comiques Les Nibelungen et Metropolis appartenaient déjà au passé lorsque Fritz Lang se lance dans la réalisation de ce voyage dans la lune de près de trois heures (le voyage en question n'en durera que la moitié), et force est de constater que les enjeux sont bien différents, notamment  […]

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vendredi 29 mars 2019

Une Page folle, de Teinosuke Kinugasa (1926)

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Avant-garde d'hier, expérimental d'aujourd'hui On peut affirmer avec peu de chances de se tromper qu'Une Page folle, le film qu'on est en mesure de voir aujourd'hui, totalement dénué d'intertitres et doté de cet accompagnement musical, n'a rien à voir avec ce qu'il était à l'époque de sa sortie  […]

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dimanche 24 mars 2019

Imarhan, de Imarhan (2016)

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Nouvelle pierre à ajouter à l'édifice du Blues Touareg. À la fois dans la même veine des jalons comme Tinariwen auquel on pense tout de suite (et pour cause : le bassiste est ici producteur, tout s'explique), mais avec la spécificité qui légitime la démarche. J'aime toujours autant ce son si  […]

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