lundi 16 septembre 2019

Main basse sur la ville, de Francesco Rosi (1963)

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La conservation du pouvoir

Film politique par excellence, qui ne se cache à aucun moment pour produire un discours sur l'idéologie, Main basse sur la ville est une longue plongée au cœur des rouages municipaux de la ville de Naples, dans les années 60, à la veille d'une élection et surtout au lendemain de l'effondrement d'un immeuble miteux ébranlé par des travaux immobiliers. L'intrigue, car il faut bien parler ici d'intrigue (à l'intensité dramatique appuyée) dans ce qui aurait pu se réduire à un faux documentaire, tourne principalement autour d'une commission d'enquête, obtenue par un conseiller municipal de gauche, en charge d'établir la responsabilité de l'accident. À travers le personnage de Nottola (Rod Steiger), promoteur immobilier dotée d'une ambition et d'une cupidité phénoménales, on explore les bas fonds des arrières cuisines de la politique, avec tout ce qu'elles comptent comme magouilles et autres manipulations. Autant dire que c'est pas très joli.

On pourrait dire, près de 60 ans plus tard, que rien n'a vraiment changé et qu'à ce titre le film n'a sans doute pas la portée dénonciatrice qu'il avait pu avoir en 1963. Mais c'est toujours un plaisir, si l'on peut dire, d'observer les manigances des uns et des autres pour contourner voire récupérer la catastrophe, à grand renfort de spéculation immobilière et de stratégie électorale. Francesco Rosi se focalise particulièrement sur la notion d'alliances, avec l'importance que revêt le groupe centriste au moment des élections et les marges de manœuvre que cherchent à se dégager les principaux partis.

Le film provoque une véritable nausée, à travers une plongée dans la crasse de l'arène où s'affrontent les politiques, renforcée par un noir et blanc presque anxiogène. Certaines séquences sont en outre assez difficiles à suivre tant les répliques fusent à une vitesse folle, sur des thèmes complexes comme la spéculation immobilière, au cours des assemblées (incroyablement bien retranscrites). La collusion entre intérêts public et privé gangrène tout l'espace des débats, et l'atmosphère particulièrement viciée qui y règne ajoute à cette agitation ridicule une dimension écœurante. La forme peut mettre mal à l'aise, tant elle ne laisse jamais respirer (pour des raisons bonnes ou mauvaises), mais rarement un film ne se sera autant attaché à décrire la consanguinité, le mépris et le cynisme de l'ordre politique, décrit comme un jeu noyé sous des torrents d'argent et dont l'unique finalité semble être de conserver le pouvoir.

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vendredi 13 septembre 2019

Jack le Magnifique, de Peter Bogdanovich (1979)

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"People make love for so many crazy reasons, why shouldn't money be one of them?" Saint Jack est une peinture très mélancolique de Singapour dans les années 1970, vue à travers le prisme du post-colonialisme américain, et vécue par un vétéran de la guerre de Corée d'origine italienne,  […]

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mardi 10 septembre 2019

Le Ciel et la boue, de Pierre-Dominique Gaisseau (1961)

ciel_et_la_boue.jpg, sept. 2019

"Ces histoires que l'on raconte et qui ne sont plus tout à fait celles que l'on a vécues." En Septembre 1959, une équipe d'aventuriers (accessoirement cinéastes et ethnologues) menée par Pierre-Dominique Gaisseau se lançait dans une expédition à l'autre bout du monde, en  […]

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lundi 09 septembre 2019

La Ballade du soldat, de Grigori Tchoukhraï (1959)

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Propagande(s) Il faudra bien un jour qu'on m'explique pour quelles raisons le drame sied aussi bien à certains cinémas, à certaines nationalités, époques ou cultures, et pas à d'autres. Comment il épouse parfaitement certains codes, dans certains registres, alors qu'il devient insipide, larmoyant  […]

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jeudi 05 septembre 2019

La Mer et le poison, de Kei Kumai (1986)

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L'éthique en médecine par temps de guerre La Mer et le poison est un étonnant film méconnu qui utilise la Seconde Guerre mondiale comme contexte relativement évasif, non pas pour aborder cette thématique de front mais pour s'en servir de cadre catalyseur à destination de problématiques variées :  […]

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mercredi 04 septembre 2019

Samuraï, de Kihachi Okamoto (1965)

samourai.jpg, sept. 2019

Les arcanes de l'écriture de l'histoire Les années 60 ont vu fleurir dans le paysage cinématographique japonais de nombreuses œuvres arborant des considérations très éloignées du mythe du samouraï vertueux, détachées de l'idéal de probité prôné par le bushido et ses nombreux principes moraux. Aux  […]

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mardi 03 septembre 2019

Berlin, symphonie d'une grande ville, de Walther Ruttmann (1927)

berlin_symphonie_d_une_grande_ville.jpg, sept. 2019

Symphonie expérimentale Ne serait-ce que pour la prouesse cinématographique qui recèle une primeur indiscutable, on a envie de saluer le travail de Walter Ruttmann. On peut l'applaudir ici, précisément, parce que dans les années qui ont précédé il a réalisé une série de courts-métrages d'animation  […]

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vendredi 30 août 2019

Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon, de Elio Petri (1970)

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"À d'autres, la tâche de guérir, d'éduquer. À nous, le devoir de réprimer !" Le fait que le film d'Elio Petri soit sorti la même année que celui réalisé par son compatriote Michelangelo Antonioni, Zabriskie Point, invite à les considérer comme les deux faces d'une même pièce. Même élan  […]

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Human Exploration, de Uranium Club (2016)

human exploration.jpg, août 2019

Petite décharge d'énergie Punk avec Uranium Club, simple mais efficace. 25 minutes sans gras. Leur second album, All of Them Naturals, sera plus engagé dans les textes idiots, simples et drôles. Plutôt Art Punk : "We built the wheel/ It was easy, it's just a wheel" ou "Now that it's  […]

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mardi 27 août 2019

Le Tour du Mont Blanc en 7 jours

topo_zoom1.png, août 2019

Ça faisait sept longues années que l'on n'avait pas crapahuté et arpenté les sentiers de haute montagne sur de très longues distances, assorties de jolis dénivelés. C'était en 2012, à l'occasion d'une promenade de santé sur le GR 54 autour de la Meije et de la Barre des Écrins (4102 m) dans le  […]

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