jeudi 13 août 2020

Le Coup de l'escalier, de Robert Wise (1959)

coup_de_l-escalier.jpg, août 2020
"Yeah, yeah, I know I got rid of the headache. Now I got cancer."

La guilde des traducteurs de titres sous LSD a encore frappé. C'est terrible. Je cherche encore un escalier significatif dans le film, voire même la signification littérale d'un "coup de l'escalier".

Odds Against Tomorrow est un film noir ainsi qu'un caper movie (film de casse grosso modo) à la croisée d'une multitude de films traitant de thématiques similaires dans cette décade. Impossible de ne pas aborder ce film de Robert Wise dans la continuité d'un autre de ses films noirs avec Robert Ryan (Nous avons gagné ce soir, aka The Set-Up, 1949), et difficile de ne pas voir une parenté avec, par exemple, L'Ultime Razzia (The Killing) de Kubrick sorti en 1956. On pense très fortement à un autre film abordant le thème de la coopération forcée entre un Noir et un Blanc pas très progressiste, La Chaîne (The Defiant Ones) réalisé par Stanley Kramer en 1958. Une chose est sûre : c'est un festival de traductions hasardeuses. En tout état de cause, le présent film arrive après la bataille et c'est essentiellement sur Harry Belafonte, Robert Ryan et la trombine inimitable d'Ed Begley (pourtant dans un rôle de relatif gentil) qu'il faudra compter pour y trouver un sursaut d'intérêt au-delà du classicisme noir.

Les antagonismes initiaux paraissent un peu forcés de prime abord : Slater est un vétéran raciste qui ne parvient pas à se réinsérer en société (autre grande thématique de la période qui durera quelques décades) et qui se voit contraint de collaborer pour un braquage de banque avec Ingram, un crooner divorcé et endetté (qui n'est pas non plus blanc comme neige) qui se trouve être noir de peau. On peut savoir gré à Wise de s'adonner à une caractérisation conséquente de ses personnages, en décrivant pendant l'essentiel du film les raisons (des impasses financières) qui poussent chacun à participer au casse dans l'espoir de se renflouer. On peut noter un premier dénominateur commun : la relation avec leurs femmes respectives ne brille pas par leur harmonie. Deux ans avant le déluge chromatique de West Side Story, Wise s'enfonçait dans l'atmosphère très noire de New York, dans une ambiance presque toujours Jazzy, entre les parcs, les bars et les rues.

Wise avoua qu'à la fin du script original et du roman, les deux antagonistes devenaient amis et que c'est à cause de la trop grande ressemblance avec The Defiant Ones (avec Tony Curtis et Sidney Poitier) qu'il adopta une conclusion dans la direction de la haine destructrice plutôt que de la rédemption. Ce parti pris assumé sous la contrainte confère au film une sécheresse de ton plutôt appréciable, avec un sens de la fatalité presque omniprésent. C'est à l'image de la séquence finale ("Which is Which?" — "Take your pick.") dans laquelle personne ne parviendra à discerner les corps carbonisés du Blanc et du Noir. La tendance du film à thèse n'est jamais très loin, mais le plaidoyer conserve une belle part d'efficacité.

trio.jpg, août 2020

mercredi 12 août 2020

Trois randonnées dans le Valjouffrey, dans le Parc des Écrins

faures_carte_3d.png, août 2020

Après quelques jours passés dans le Vercors (cf. cette randonnée) et après avoir traversé les vallées de Choranche, de Villard-de-Lans, et des lacs de Laffrey, voici venu le temps des Écrins. Un massif impressionnant dominé par la barre des Écrins à 4101 mètres d'altitude, qui pour l'anecdote était  […]

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mardi 11 août 2020

Pas des Voutes et pas de l'Allier dans le Vercors, près de Chatelus

vercors_deniv.png, août 2020

À la frontière entre la Drôme et l'Isère, au départ de Chatelus, cette randonnée d'environ 15 km et 900 mètres de dénivelé permet de s'élever rapidement dans le massif du Vercors, le long de sentiers variés, près des parois souvent vertigineuses très typiques de la région. Une fois arrivés sur le  […]

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lundi 10 août 2020

Pot-Bouille, de Julien Duvivier (1957)

pot_bouille.jpg, juil. 2020

Gérard Philipe, ce dragueur impénitent Sur le papier, faire de Gérard Philipe un Don Juan provincial à la conquête des jeunes parisiennes qui tombent invariablement sous son charme censé être irrésistible et vénéneux a quelque chose de presque invraisemblable... En tous cas lorsqu'on a en tête ses  […]

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samedi 08 août 2020

Dead Birds, de Robert Gardner (1963)

dead_birds.jpg, août 2020

Vestiges vertigineux d'une tribu indonésienne Plongée sans pareil au sein d'une tribu de Papouasie-Nouvelle-Guinée, au tout début des années 60, captée par l'anthropologue américain Robert Gardner et son équipe. Les Dani constituaient un ensemble de populations d'une province indonésienne de  […]

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jeudi 06 août 2020

Requiem pour un massacre, de Elem Klimov (1985)

requiem_pour_un_massacre.jpg, juil. 2020

De pluie et de cendres Contexte : si j'en crois mes données personnelles, cela fait plus de 6 ans que je procrastine au sujet de Requiem pour un massacre... La poussière numérique n'existe pas, heureusement. Le tiroir dans lequel il était rangé est bien connu : c'est celui des œuvres qui jouissent  […]

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lundi 03 août 2020

Mishima, de Paul Schrader (1985)

mishima.jpg, août 2020

"À l'instant où la lame déchira ses chairs, le disque du soleil explosa derrière ses paupières, illuminant le ciel pour un instant." Paul Schrader, le réalisateur de Blue Collar sur la classe ouvrière américaine et la difficile union des forces en syndicat multiculturel qui s'essaie au  […]

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dimanche 26 juillet 2020

L'Héritière, de William Wyler (1949)

heritiere.jpg, juil. 2020

"Yes, I can be very cruel. I have been taught by masters." Une romance quelconque, située à la fin du 19ème siècle, de prime abord. Ou presque : la première rupture de ton qui survient au terme de l'idylle amoureuse émergente dans la première partie sera tout aussi surprenante que la  […]

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vendredi 24 juillet 2020

Les Grandes Familles, de Denys de La Patellière (1958)

grandes_familles.jpg, juil. 2020

"Dix couples chez toi, c'est une réception… Chez moi, c'est une partouze !" Jean Gabin est Noël Schoulder, un grand patron issu d'une grande famille à la tête d'un immense empire économique régnant sur le monde du sucre, de la banque et de la presse. Il ne faut pas plus de 15 secondes  […]

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jeudi 23 juillet 2020

Vacances, de George Cukor (1938)

vacances.jpg, juil. 2020

"The trouble with me is that I never could decide whether I wanted to be Joan of Arc, Florence Nightingale, or John L. Lewis." Difficile de placer avec exactitude le film dans l'un des innombrables sous-registres de la comédie, sans doute est-il plutôt proche de la screwball comedy, mais  […]

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