L'histoire est très simple : un hold-up en ville, une fuite, un retour au village avec un petit surplus de fortune, et une tentative de retour à la normale. Le braquage est mis en scène de manière totalement explicite et frontale, dès les premières secondes il n'y a aucun doute sur l'identité du coupable qui deviendra le protagoniste. Pourtant, Samba Traoré jouit d'un charme qui se déploie lentement, aidé en cela par la chronique d'un quotidien avec lequel on n'est que très peu familier (à l'image d'autres films comme Et la lumière fut d'Otar Iosseliani, tourné au Sénégal) : la vie dans un village reculé du Burkina Faso, dans la région hautement photogénique des Cascades — un décor remarquable avec ses cours d'eau, ses palmiers immenses, ses étendues semi-désertiques.
Au mode de vie local et exotique se greffe une thématique qu'on connaît bien, le poids de la culpabilité. Samba (Bakary Sangaré) revient près de sa famille et de ses amis, et embrasse de nombreux projets dont il rêvait mais qu'il ne pouvait pas réaliser faute d'argent. Il offre des vaches au village, il ouvre un bar avec son ami Salif (Abdoulaye Komboudri), et surtout il propose à Saratou (Mariam Kaba) de devenir sa femme après leurs premiers moments intimes. Une pensée ne le quitte pas et domine malgré tout le reste : en laissant filer le temps et les années, il espère que la police oubliera l'affaire et qu'il parviendra à vivre normalement, dans l'oubli. Mais bien sûr, rêve et réalité ne sont pas toujours parfaitement alignés...
Le film d'Idrissa Ouedraogo suit le chemin d'un scénario assez classique pour tisser une sorte de conte moral, en jouant sur de nombreuses dualités, la ville et ses dangers opposée à la campagne apaisée, les traditions qui ne sont pas toujours miscibles dans la modernité. Pour agrémenter cette composante, plusieurs autres registres rythment les péripéties, avec notamment des petits encarts comiques autour des frasques de Salif moyennement tolérées par sa femme Binta (interprétée par Irène Tassembedo), avec toujours présent à l'horizon le portrait d'un homme hanté par son passé. Les erreurs commises collent à la peau et rendent impossibles certains nouveaux départs : entre les interrogations des habitants sur l'origine des moyens décuplés de Samba et l'accouchement de Saratou nécessitant un retour à la ville, la menace d'une arrestation ne disparaîtra jamais vraiment. Il en résulte un portrait touchant de la culpabilité, tout en pudeur, au travers des confessions avortées et des insomnies, avec quelques très beaux moments comme le mariage et la tendresse du lien qui unit les amants.










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