jeudi 24 mai 2018

Le Trésor, de Corneliu Porumboiu (2015)

tresor.jpg
Il était une fois en Transylvanie

Voilà un genre d'humour que je ne connaissais pas dans l'absolu, pas sous cette forme précise, et encore moins dans le cadre du cinéma d'Europe de l'Est, plus connu (en France en tous cas) pour ses drames glaciaux que pour ses francs moments de rigolade. Ceci étant dit, on est bien loin de la comédie franche, mais cet humour pince-sans-rire roumain qui inonde une bien étrange tragicomédie aura eu un effet inattendu.

Au tout début du film, d'ailleurs, on ne dispose d'aucun véritable repère pour savoir si on s'embarque dans un drame social, mais l'idée d'une quelque forme de comédie que ce soit paraît tout aussi éloignée. En faisant se rencontrer deux voisins de palier au sujet d'un hypothétique trésor enfoui dans un jardin, Corneliu Porumboiu se lance dans une rhétorique de l'excavation aux sens multiples : les deux compères creusent la terre à la recherche d'un trésor quand le réalisateur farfouille dans l'histoire de son pays. Des enjeux beaucoup moins anodins que ce qu'on aurait pu penser dans un premier (ou second, une fois que le registre de la comédie est plus ou moins clairement établi) temps. Seront convoquées, au fil des zones scannées et des trous creusés dans une jolie symphonie burlesque très nuancée, toujours dans les environs de la même villa aujourd'hui abandonnée : la révolution roumaine de 1848 (une composante du Printemps des peuples assez peu évoquée dans les manuels, me semble-t-il), la présence communiste après la Seconde Guerre mondiale, l'ère post-communiste avec une boîte à strip-tease à la fin des années 1980, et l'ère actuelle avec ces ruines comme vestiges de la crise de la fin des années 2000. Un sacré voyage temporel.

Porumboiu parsème son film de questionnements divers, principalement liés à l'histoire de la Roumanie, sur fond de chasse au trésor radicalement adulte dans les faits, mais étrangement enfantine dans l'intention, bien sûr. Le Trésor est garni de séquences cocasses, un genre de burlesque froid et décalé, tout en sobriété, donnant aux élucubrations des deux pieds nickelés un caractère presque surréaliste. Des dialogues confinant à l'absurde quant au mode opératoire optimal à suivre pour la recherche du trésor, les disputes qui s'ensuivent, un sens du sérieux qui vire au comique quand il est poussé à l'extrême dans des situations apparemment anodines, un voleur qui aide les policiers à ouvrir le coffre déterré alors qu'eux-mêmes vont ponctionner (légalement) leur part du butin... Et bien sûr le contenu du trésor, qui relativise les histoires familiales et ancre le film dans le présent. L'occasion pour le père d'enfiler les habits de Robin des bois, de héros et de menteur sur fond d'espoir et de contes à enseigner aux nouvelles générations.

boite.jpg

mercredi 23 mai 2018

L'Exposition universelle de 1937

exposition_universelle_1937.jpg

Il y a des photos qui restent gravées sur la rétine. L'Exposition universelle de 1937 s'est tenu à Paris du 25 mai au 25 novembre 1937, et ce fut le premier et le dernier événement de ce genre à avoir lieu ici. Cette exposition est restée célèbre pour l'affrontement symbolique et titanesque entre le  […]

Lire la suite

lundi 21 mai 2018

La Ballade du petit soldat, de Werner Herzog (1984)

ballade_du_petit_soldat.jpg

Un sourire suffit La Ballade du petit soldat s'intéresse à un groupe d'Indiens Miskito, en lutte contre les troupes sandinistes au Nicaragua, et plus précisément à l'utilisation d'enfants-soldats pour mener cette guerre. Herzog est emmené là-bas par un de ses amis, Denis Reichle, qui fut lui-même  […]

Lire la suite

mardi 15 mai 2018

Land Of The Living, de The Schizophonics (2017)

ooga_booga.jpg

Une décharge électrique tout droit venue de Californie, du Garage Psyché d'une énergie communicative assez folle encapsulée dans une ambiance faite de sonorités très 70s. L'EP Ooga Booga est sans doute un peu plus efficace que l'album Land Of The Living, plus concis et direct, mais l'esprit est le  […]

Lire la suite

vendredi 11 mai 2018

Retour de la page de présentation

La foule en liesse de lecteurs attardés la réclamait avec insistance depuis longtemps (sans aucune exagération), la voici de retour ! La page de présentation du site et de ses scribouilleurs acharnés est à nouveau accessible en suivant ce lien ou via l'onglet consacré dans le menu en haut de toutes  […]

Lire la suite

Sylvie et le Fantôme, de Claude Autant-Lara (1946)

sylvie_et_le_fantome.jpg

Le fantôme de Tati et le Ku Klux Klan dans un château Il se dégage de Sylvie et le fantôme un charme suranné assez savoureux, typique de cette période et de ce genre-là, dans le cadre d'une histoire qui entend faire le portrait romantique d'une jeune fille de 16 ans (jouée de manière assez  […]

Lire la suite

vendredi 04 mai 2018

I Walked All Night, de The Embers

Un morceau hypnotisant, présent dans le septième volume de la (géniale) compilation de Garage et de Rockab' Born Bad (voir tous les billets afférents : ici). Difficile de trouver des informations au sujet du groupe, The Embers, perdu quelque part dans les limbes du temps, entre 50s et 60s. Les  […]

Lire la suite

lundi 23 avril 2018

Une Place au soleil, de George Stevens (1951)

place_au_soleil.jpg

"Seems like we always spend the best part of our time just saying goodbye." Au-delà du mélodrame hollywoodien typique de ce que le cinéma américain des années 50 a pu engendrer, A Place in the sun constitue un portrait très corrosif de l'American Dream, et en tous cas beaucoup moins  […]

Lire la suite

vendredi 20 avril 2018

L'Aventurier du Rio Grande, de Robert Parrish (1959)

aventurier_du_rio_grande.jpg

"I'm always betrayed by hope." The Wonderful Country est un western vraiment bizarre : il y a un décalage étonnant entre ce qu'il aurait pu être, dans le fond, une puissante décharge mélancolique autour de la condition de Robert Mitchum, tiraillé entre deux pays et deux vies, et ce qu'il  […]

Lire la suite

lundi 16 avril 2018

Crainquebille, de Jacques Feyder (1922)

crainquebille.jpg

Réalisme des rues et surréalisme du tribunal Une plongée dans le début du XIXe siècle, en plein cœur de Paris, sur les places de marché et dans les ruelles avoisinantes, itinéraires des marchands ambulants. Le (Jérôme) Crainquebille du titre fait partie de ces gens-là, et son histoire est contée en  […]

Lire la suite

- page 1 de 67