Manifestement I Know Where I'm Going! n'est pas la réalisation la plus élaborée du duo Michael Powell et Emeric Pressburger, mais pourtant elle jouit d'un charme romantique (et légèrement comique) qui a fini par m'envoûter dans des proportions que je n'ai pas du tout su anticiper. Tout commence comme une comédie un peu décalée avec la protagoniste Joan voyageant en direction des Hébrides écossaises : elle quitte Londres et sa vie de fille de banquier en train, dans le but de rejoindre son futur mari sur l'île de Colonsay (appelée Kiloran dans le film) et de nombreux gags visuels rythment cette partie peu trépidante du voyage. Suite à des péripéties diverses, elle atterrit sur l'île voisine de Mull, contrainte d'y séjourner un temps indéterminé, dans l'attente d'une météo plus clémente qui permettra la traversée jusqu'à sa destination finale.
Dans un premier temps, on reste circonspect face à ce jeu de caricatures opposant d'un côté la protagoniste, grave et citadine, en route vers un mariage dit de raison avec un riche industriel, et de l'autre les habitants de l'île, capturés dans leur dimension hautement pittoresque. Mais peu à peu le sujet bourgeonne : Joan découvre un mode de vie que son assurance l'avait empêchée de voir, et ses certitudes se mettent à vaciller. Joli festival de bizarreries dans cet environnement îlien et écossais, avec toutes les particularités de ces Hébrides singulières. Autant de particularités qu'elle sera obligée de côtoyer à cause de la tempête, et qu'elle apprendra à apprécier — tout particulièrement la présence du farfelu mais sympathique Torquil McNeil.
Et c'est là qu'on se souvient d'un précédent film de Michael Powell, The Edge of the World, qui décrivait la nature hostile de cette même région d'Écosse sur fond de (véridique) évacuation de l'île de Saint-Kilda en 1930. On aborde la thématique du bouleversement de destin, le long d'une galerie de portraits attachants, avec une succession de coutumes un peu folkloriques adossées à des légendes millénaires. Le périple intérieur de l'héroïne se fait de plus en plus explicite et attendu, mais sans que cette lisibilité ne nuise à la dimension envoûtante du conte. Rudesse d’une terre battue par les vents et les marées, personnages excentriques, aigles royaux, et un beau final amorcé par le son des cornemuses.








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