mardi 09 juin 2026

In the Soup, de Alexandre Rockwell (1992)

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"Well, you can't have everything."

Le personnage de Steve Buscemi, réalisateur novice se démenant pour financer son premier film alors qu'il n'arrive pas à payer son propre loyer, dégage quelque chose de très attachant. Le capital sympathie ne provient pas uniquement de l'acteur lui-même, très à l'aise dans ce rôle de new-yorkais un peu paumé et entraîné dans différentes péripéties de voisinage. Il ne provient pas non plus du formalisme très "cinéma indépendant états-unien des années 1990" adopté par Alexandre Rockwell, qui pour le coup souffre de certains signes de vieillesse prématurée : disons qu'on sent un peu trop fortement les influences affichées voire revendiquées, entre le style de production d'un John Cassavetes (dont il a repris un acteur fétiche en l'occurrence, Seymour Cassel) et le côté très indie cool d'un Jim Jarmusch (qui fait en outre une petite apparition dans le rôle d'un réalisateur de télévision travaillant pour l'émission "The Naked Truth" et interviewant des auteurs à poil).

Non vraiment ce sont les déboires d'Aldolpho Rollo (Buscemi) pour accéder à son rêve de mettre en scène son scénario qui font tout le charme potentiel de In the Soup. Ça ainsi que l'alchimie bizarre qui se met en place avec Joe (Cassel), un vieux mafieux uber cool au sourire ravageur qui le prend sous son aile sans qu'on sache trop pourquoi, prêt à devenir le producteur de son film. Il y a aussi une galerie de portraits assez émouvants au sein de la cohorte de personnages secondaires, parfois touchants, parfois délirants, à commencer par le duo de mafiosis peu recommandables chargé de collecter les loyers dans l'immeuble qui finira tout doux après avoir rencontré Joe et ses pouvoirs de persuasion, la voisine (interprétée par Jennifer Beals) dont le héros tombe forcément amoureux, ainsi qu'une petite troupe de têtes connues plus ou moins psychopathes — Stanley Tucci, Sam Rockwell, Will Patton.

Quelques accès de loufoque égayent de temps en temps le tableau, comme cette évocation surréaliste de Dostoïevski et Nietzsche, hanté par les trajectoires de losers parfois particulièrement pathétiques. Quelques micro-séquences particulièrement réussies, comme les apparitions du personnage de Sam Rockwell, le passage hors du temps sur la plage, une petite expression sur le visage subjugué de Buscemi en plein crush sur sa voisine... On cite explicitement du Godard et du Tarkovski, de manière très détachée, mais le protagoniste se retrouve constamment malmené (voire condamné) par la trivialité de son existence, incapable de réaliser que c'est bien cette rencontre avec Joe qui devrait constituer la base la plus importante de son inspiration artistique.

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lundi 18 mai 2026

Les Chevaux de feu (Тіні забутих предків, Тени забытых предков), de Sergueï Paradjanov (1965)

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La beauté baroque des amants maudits Découvrir Les Chevaux de feu aujourd'hui, dans mon parcours cinéphile : quel bonheur. La preuve, encore une fois et si besoin était, que l'opiniâtreté finit par payer et que sur des chemins obscurcis d'embûches aux parfums de navet, on entrevoit de temps en  […]

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mardi 12 mai 2026

La Divine (神女, Shén nǚ), de Wu Yonggang (1934)

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"Que les ragots sont effrayants !" Il suffit souvent d'un détail pour faire passer un film appartenant à un registre donné bien identifié du statut de énième variation peu passionnante à celui de singularité attrayante, il me semble. Le cas de La Divine se démarque du tout-venant du  […]

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jeudi 07 mai 2026

La Terre jaune (黄土地, Huáng tǔdì), de Chen Kaige (1984)

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Désespoir discret et désillusions silencieuses Le tout premier film de Chen Kaige appartient à cette catégorie de cinéma lent, sobre, un peu taiseux, à combustion lente, et donc les qualités principales passent davantage par l'ambiance et la mise en scène que d'autres éléments plus classiques,  […]

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samedi 25 avril 2026

Mimosas, la voie de l'Atlas (Las Mimosas), de Óliver Laxe (2016)

mimosas_la_voie_de_l-atlas.jpg, 2026/03/24

Voyage métaphysique vers le Haut Atlas marocain On comprend mieux, en regardant Las Mimosas, d'où Óliver Laxe tient ce style et cette capacité à filmer les montagnes, la terre, les cours d'eau, et en particulier cette région de l'Atlas au sud du Maroc. Un décor qu'il a depuis repris pour le plus  […]

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lundi 13 avril 2026

Le Samouraï et le Shogun (柳生一族の陰謀, Yagyū ichizoku no inbō), de Kinji Fukasaku (1978)

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Haute trahison en couleur C'est très souvent mentionné dans ce qu'on peut lire au sujet de Le Samouraï et le Shogun, mais c'est vrai qu'il y a un petit parfum de fin de cycle en matière de chanbara ici, dans un registre arrivant en quelque sorte au bout de son potentiel après 2 ou 3 décennies  […]

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mardi 07 avril 2026

La Dernière Chance (Fat City), de John Huston (1972)

derniere_chance.jpg, 2026/02/04

"You can count on me right down the line." La ballade country composée et interprétée par Kris Kristofferson, "Help Me Make It Through the Night", traverse le film, persiste longtemps après, et contribue discrètement à cette mélancolie tenace qui semble faire partie de sa  […]

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mercredi 01 avril 2026

A Legend or Was It? (死闘の伝説, Shitō no densetsu), de Keisuke Kinoshita (1963)

a_legend_or_was_it.jpg, 2026/02/04

Abus de pouvoir Premier contact électrique avec la carrière du cinéaste Keisuke Kinoshita me concernant, avec cette histoire tragique et glaçante se déroulant sur l'île d'Hokkaido pendant la Seconde Guerre mondiale. L'aperçu est aussi brutal dans la seconde moitié de ce Shito no densetsu qu'il est  […]

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