mercredi 22 juillet 2026

La Berceuse de la grande terre (大地の子守唄, Daichi no komoriuta), de Yasuzō Masumura (1976)

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Rude conquête de l'indépendance

Deuxième film en couleur de Masumura que je vois, peu de temps après Tatouage (1964), mais manifestement La Berceuse de la grande terre appartient à un tout autre registre même si on reste dans le mélodrame (mais bon, Masumura a-t-il déjà fait autre chose ?). La décennie 1970s apporte quelque chose d'un peu particulier à son style, à la toute fin de sa carrière — il réalisera seulement trois autres films après celui-là.

Énième variation sur le thème de la tragédie d'une femme, ici en l'occurrence une jeune fille que l'on suit de ses 13 ans à ses 16 ans, tandis qu'elle découvre les comportements humains parmi les plus vils, après la mort de la vieille femme qui s'occupait d'elle, après avoir été vendue à une maison close par un homme à qui elle a eu le malheur de faire confiance. On pourra reconnaître le grand talent d'actrice de Mieko Harada dans la composition de ce portrait, que ce soit dès le début en orpheline sauvage vivant en autonomie et en toute naïveté, ou dans la descente aux enfers qu'elle endurera en matière de déchéance morale, au contact de la prostitution. Masumura insiste longuement sur le système d'exploitation que constitue le bordel perdu sur une île (formant une sorte de prison), avec bien sûr de manière frontale l'exposition aux rapports sexuels sous le signe de la soumission, mais également un joli cocktail de comportements abjects au sein desquels la solitude reviendra la frapper régulièrement.

Seules quelques rares accalmies sont à noter, mais elles sont marquantes : que ce soit le passage avec Meiko Kaji dans le rôle d'une femme bienveillante recueillant Rin lors de ses premières règles, ou bien les flashforwards la montrant apparemment libérée dans une tenue bouddhiste, ces moments contrastent tout particulièrement avec son quotidien sordide. On reconnaît Masumura à quelques effets de style bien tranché, à l'image de la figuration d'un état de stress post-traumatique final résumant l'ensemble des sévices subis au cours des dernières années sous la forme d'un montage éclair. Rude conquête de l'indépendance et rude traversée d'un monde impitoyable, qui se termine sur une note bien amère.

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vendredi 17 juillet 2026

La Dernière Corvée (The Last Detail), de Hal Ashby (1973)

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"It takes a certain kind of a sadistic temperament to be a Marine." Le côté extrêmement calibré de The Last Detail aka "La Dernière Corvée" constitue autant la base de son charme que les contours de ses limitations. Cinquante ans plus tard, il flatte parfaitement l'image que  […]

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lundi 06 juillet 2026

Tatouage (刺青, Irezumi), de Yasuzō Masumura (1966)

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La transformation Mon dernier Yasuzō Masumura vu commençait à remonter à un peu trop longtemps, autour d'un an, aussi regarder Tatouage s'est avéré tout particulièrement profitable pour raviver tout ça. Et par "tout ça", j'entends le combo de la mort que j'apprécie presque tout le temps,  […]

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jeudi 25 juin 2026

Vol. II, de Angine de Poitrine (2026)

vol_ii.jpg, 2025/01/29

Buzz buzz buzz, un peu de psych, un peu de clown Impossible d'être passé à côté de la méga hype de ces dernières semaines (c'était en février / mars), l'algo de YouTube m'ayant martelé leur récent live KEXP (excellent au demeurant) des dizaines de fois avant que je ne cède au visionnage. Le duo de  […]

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vendredi 19 juin 2026

Big Night, de Campbell Scott et Stanley Tucci (1996)

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"Give people what they want, then later you can give them what you want." Le monde de la cuisine italienne professionnelle comme un carrefour thématique d'une étonnante diversité et d'une surprenante complexité : Big Night occupe une place de choix dans la section relative aux bizarreries  […]

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mardi 09 juin 2026

In the Soup, de Alexandre Rockwell (1992)

in_the_soup.jpg, 2026/03/24

"Well, you can't have everything." Le personnage de Steve Buscemi, réalisateur novice se démenant pour financer son premier film alors qu'il n'arrive pas à payer son propre loyer, dégage quelque chose de très attachant. Le capital sympathie ne provient pas uniquement de l'acteur lui-même,  […]

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lundi 18 mai 2026

Les Chevaux de feu (Тіні забутих предків, Тени забытых предков), de Sergueï Paradjanov (1965)

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La beauté baroque des amants maudits Découvrir Les Chevaux de feu aujourd'hui, dans mon parcours cinéphile : quel bonheur. La preuve, encore une fois et si besoin était, que l'opiniâtreté finit par payer et que sur des chemins obscurcis d'embûches aux parfums de navet, on entrevoit de temps en  […]

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mardi 12 mai 2026

La Divine (神女, Shén nǚ), de Wu Yonggang (1934)

divine.jpg, 2026/03/24

"Que les ragots sont effrayants !" Il suffit souvent d'un détail pour faire passer un film appartenant à un registre donné bien identifié du statut de énième variation peu passionnante à celui de singularité attrayante, il me semble. Le cas de La Divine se démarque du tout-venant du  […]

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